Ecigarette & fumeurs souffrant de schizophrénie

Impact de la cigarette électronique sur la réduction du tabagisme et le sevrage tabagique chez les fumeurs souffrant de schizophrénie : une étude pilote prospective de 12 mois.

Caponnetto P, R Auditore, Russo C, GC Cappello, Polosa R.
Publication : 28 janvier 2013

Résumé

Contexte:

Le tabagisme est une dépendance difficile à briser. Cette dépendance est le diagnostic le plus fréquent pour les personnes atteintes de schizophrénie. Actuellement, trois médicaments efficaces sont approuvés pour le sevrage tabagique: la thérapie de remplacement de la nicotine (TRN), la varénicline et le bupropion. Toutefois, certains effets secondaires graves de la varénicline ont été signalés, comme la dépression, les pensées suicidaires et le suicide.
L’utilisation du bupropion a également des effets secondaires. Il ne doit pas être utilisé par des personnes qui souffrent d’épilepsie ou toute autre condition abaissant le seuil épileptogène, ni par les gens qui prennent une classe spécifique de médicaments appelés inhibiteurs de la monoamine oxydase. Par conséquent, il y a des raisons pharmacodynamiques de croire qu’il pourrait précipiter ou aggraver la psychose.
Par leur capacité à fournir de la nicotine et à proposer un mécanisme copiant la cigarette et adapté aux fumeurs en remplaçant une partie des rites associés au fait de fumer, les cigarettes électroniques peuvent réduire les symptômes de sevrage sans effets secondaires graves.
Les récents travaux avec les cigarettes électroniques chez les fumeurs en bonne santé n’ayant pas l’intention d’arrêter montrent des taux de réussite étonnamment élevés. Nous avons supposé que ces résultats positifs pouvaient être reproduits chez des patients difficiles atteints de schizophrénie. Cet outil peut aider les fumeurs atteints de schizophrénie à rester abstinents lors des tentatives d’arrêt ou de réduction de leur consommation de cigarettes.
L’efficacité et l’innocuité de ces dispositifs dans le sevrage tabagique à long terme et / ou les études de réduction du tabagisme n’ont jamais été étudiées pour cette population particulière.

Méthode :

Dans cette étude, nous avons suivi les éventuelles modifications des habitudes de consommation de 14 fumeurs (n’ayant pas l’intention d’arrêter) souffrant de schizophrénie en expérimentant avec l’e-cigarette « Categoria » l’impact sur la réduction du tabagisme et l’abstinence tabagique.
Les participants ont été invités à assister à six visites : au départ, semaine 1, semaines-4-8-12, semaine 24 et semaine 52.
L’utilisation du produit, le nombre de cigarettes fumées, le monoxyde de carbone dans l’air expiré (ECO) et les symptômes positifs et négatifs de la schizophrénie ont été mesurés à chaque visite.
Le taux de réduction et d’abstinence des fumeurs a été calculé. Les effets indésirables ont également été examinés.

Résultats :

Une réduction soutenue de 50% du nombre de cigarettes / jour à la semaine-52 a été montré pour 7/14 (50%) des participants, leur moyenne de 30 cigarettes / jour diminue de façon significative à 15 cigarettes / jour (p = 0,018).
L’abstinence soutenue à la semaine-52 a été observée chez 2/14 (14,3%) des participants. La réduction soutenue de 50% et l’abstinence tabagique a été montré dans 9/14 (64,3%) des participants.
Des nausées ont été observées chez 2/14 (14,4%) des participants, une irritation de la gorge pour 2/14 (14,4%) des participants, de la toux et des maux de tête pour 2/14 (14,4%) des participants, et un syndrome sec pour 4/14 (28,6%) des participants.
Cependant, ces effets indésirables diminuent substantiellement à la semaine 24.
Dans l’ensemble, une à deux cartouches / jour ont été utilisées tout au long de l’étude.
Les symptômes positifs et négatifs de la schizophrénie n’ont pas augmenté après la réduction du tabagisme / l’arrêt chez les patients utilisant l’e-cigarette.

Conclusion :

Nous avons démontré pour la première fois que l’utilisation de l’e-cigarette diminue considérablement la consommation de cigarettes sans provoquer d’effets secondaires importants chez les patients souffrant de schizophrénie n’ayant pas l’intention d’arrêter de fumer. Ceci a été réalisé sans impacts négatifs sur les symptômes de la schizophrénie évalués par les échelles de symptômes SAPS et SANS.

PMID: 23358230

http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/23358230